J’ai appris le sens de “pousser comme un champignon”. Théo s’est transformé en tout juste deux mois. Il a changé physiquement. Il avait les yeux bleu sombre, il se sont éclaircis. Ses oreilles se sont dépliées. Il a doublé de poids, grandi d’une dizaine de centimètre. Ses joues se sont arrondies, tout comme ses cuisses. Il a perdu certaines mimiques des premières semaines. Par exemple, après avoir bien mangé, il avait l’habitude de secouer ses mains devant son visage, ce qu’il ne fait presque plus. Quand il se réveille, il envoie quelques petits cris pour nous prévenir, au lieu de se mettre immédiatement à hurler de faim. Il supporte d’attendre d’être changé. Il est de plus en plus fusionnel avec Laetitia, moins comme un petit animal, plus comme un petit garçon. Il se cale sous mon coude pour faire sa sieste dans mes bras, ce qu’il ne faisait pas. Quelques minutes par jour, il se concentre pour regarder son mobile, qui le tient tranquille. Il regarde avec attention les jeux de lumière dans le feuillage des arbres. Cette après-midi il a passé de longues minutes subjugué par la flûte enchantée de Mozart sur France Musique. Déjà pendant la grossesse, il réagissait à Schubert, à Mozart ou à Salif Keita. Sa sensibilité à la musique s’affirme. Il aime faire la sieste sous le bruit des fusillades des westerns de Sam Peckinpah. Il émet de temps en temps de premiers sons, plus que des cris ou des hurlements. Les changements sont rapides, je tente de ne pas manquer ces instants qui ne reviendront pas.
Je lui trouve de vrais airs de petit garçon sur celle-ci, une première ébauche qui nous dessine son visage à venir.
Sa position “sieste” typique. Théo dort n’importe où, le bruit ne semble pas avoir d’influence pour l’instant.
Le bienheureux qui vient de manger.
L’observation du mobile lui demande une certaine concentration. C’est le premier signe de son intérêt, le mobile et la musique de Mozart.





